« Je n’arrive pas à m’organiser »
« Je ne sais travailler que dans l’urgence »
« Je ne peux pas m’arrêter de penser »
« Je commence trop de projets sans les finir »
« J’oublie mes rendez-vous »
« Je peux passer des jours dans le brouillard, puis m’absorber dans un projet et oublier de manger »
« Je suis vulnérable aux addictions »

Voici la plupart des remarques rapportées par les étudiants et élèves.

Il est à noter que ces difficultés peuvent s’aggraver et se prolonger dans le temps si à cela s’ajoutent :

  • Des problèmes d’impulsivité
  • Une hyperactivité mentale (pensées qui filent et défilent…)
  • Une hyperactivité physique (agitation, besoin de bouger, de commencer mille activités)

Dans ces situations, attention !!! Il peut s’agir d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (abrégé TDA/H).

Qu’est- ce que ce trouble de l’attention avec hyperactivité appelé TDA/H ?

Avant toute chose, il est important de préciser que le TDA/H n’est pas une maladie. Il s’agit plutôt d’une personne présentant un fonctionnement différent sur le plan neurologique par rapport à la moyenne. Si l’enfant apprend à mieux se connaître et appréhender son propre mode de fonctionnement, ce qui était un trouble désavantageux pour lui, va devenir un réel avantage. Pour cela, il faut que l’enfant puisse bénéficier d’un accompagnement adapté spécifique à ses réels besoins.

Où se situent les difficultés chez un TDA/H ?

  • Les personnes à TDA/H ne sont pas incapables de se concentrer ! Il s’agit d’une fausse idée véhiculée. Elles en sont cacapble quand elles sont motivées par un sujet qui les passionne, par un sujet nouveau. Elles vont alors paradoxalement se concentrer plus que les autres (hyperfocalisation). Elles auront ainsi du mal à gérer le reste des tâches quotidiennes et des responsabilités, car elles sont trop centrées sur une seule cause qui les passsionne. C’est pour cela qu’il est parfois difficiles pour elles de gérer des projets sur la durée. En thérapie, on apprend aux sujets à trouver une organisation adéquate, par exemple en sachant s’organiser et déléguer.
  • Les personnes à TDA/H souffrent d’un problème de l’autocontrôle, ce qui va expliquer leur impulsivité. Elles ont ainsi du mal à inhiber certaines de leurs réactions spontanées ou automatiques, ce qui peut leur causer des petites catastrophes. On pense souvent de ses personnes qu’elles sont maladroites !
  • Le côté positif sera leur créativité : elle est liée au manque d’inhibition du cerveau. Dans un cerveau « bien contrôlé », les idées atypiques, les intuitions créatives venues de l’inconscient sont filtrées comme étant « absurdes » avant même d’arriver à la conscience. Dans un cerveau créatif, par exemple de type TDA/H, il n’y a que très peu de filtre, elles ne sont pas inhibées et dès leur arrivée à la conscience, elles ont  besoin de se concrétiser dans l’instant.

Dans quelles situations l’hyperactivité chez un enfant/ adulte devient problématique ?

  • Dans un travail sédentaire et sans challenges !! Elles ont besoin de challenge et de responsabilités.
  • L’hyperactif se sentira mieux dans un cadre dynamisant, qui bénéficie d’ une énergie dans le travail ( un travail physique, créatif ou à grandes responsabilités) nécessitant de prendre des initiatives et de les faire valoir.

Il s’ agit de profils dits “atypiques” !

Quel est le challenge avec les enfants TDA/H ou les profils à HP

 

Les prises en charges sont également des défis ? Pourquoi ?

  • Personnes vont très vite être en demande de nouveauté permanente, ont du mal à s’investir dans la durée s’il n’y a plus de nouveau challenge à leur hauteur.
  • Plus encore que d’autres, elles souffrent de faible estime de soi, de motivation fluctuante, de procrastination, ont du mal à planifier, à établir des priorités, à opérationnaliser leurs idées en action.

Les enfants avec un TDA/H ont une pensée très rationnelle et accès sur la logique, ancré dans le concret, une prise en charge dynamique et accès sur des outils très concrets va lui permettre d’avancer plus vite et de déployer plus facilement son potentiel d’action, retrouver sa confiance en lui. Il ne sert à rien de suivre une médication si celle –ci n’est pas accompagnée d’une réelle prise en charge.

Ma pratique régulière avec des enfants TDA/ H ou à haut potentiel m’a permis de connaître les infines particularités du TDA/H et de mieux comprendre les réactions des enfants, de ne pas interpréter sauvagement leurs dire et leurs agirs. Mon rôle de psychologue est de mettre en place des stratégies adaptées et réalistes à la particularité de chaque enfant. Il s’agit d’un travail de psycho-éducation qui va tenter de permettre à l’enfant de mieux comprendre ses symptômes TDA/H et de lui apprendre une façon de les gérer.

On peut notamment retrouver le TDA/H chez les enfants précises intellectuellement. Un bilan de QI est alors intéressant afin de mieux déceler le problème.  

Sabrina Vercruysse – Psychologue à Charleroi et Nivelles