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Enfants et adolescents

Les enfants à haut potentiel et leurs besoins spécifiques

Par Sabrina Vercruysse, psychologue clinicienne · 1 août 2017

  • «J’ai toujours su qu’elle avait quelque chose, mais je n’étais pas capable de détecter ce que c’était, j’ai parfois suspecté un haut potentiel mais cela me fait aussi peur.»*

Moi, j’allais voir pour un trouble d’opposition », raconte Sarah (nom fictif), dont la fille de huit ans a finalement reçu le diagnostic de haut potentiel.

Un enfant à haut potentiel, c’est quoi ?

Le haut potentiel intellectuel est l’un des termes qui désigne les personnes qu’on appelle aussi « surdouées », « précoces », « intellectuellement précoces » ou « à haut potentiel ». Quels sont leurs caractéristiques et comment les aider ?

Caractéristiques de ces enfants

  • Tous les enfants sont différents, toutefois, certaines caractéristiques sont souvent retrouvées chez les enfants à haut potentiel :

  • L’hypersensibilité (émotive ou sensorielle)

  • Une hyperémotivité

  • Le perfectionnisme : rarement satisfait et esprit critique très développé

  • Le sens de la justice très développé, se sent différent mais ne comprend pas pourquoi

  • Une dysharmonie entre les capacités affectives et intellectuelles

  • Une activité mentale permanente, une anxiété élevée

  • Il questionne beaucoup les adultes et cherche à comprendre votre propre fonctionnement: » qui vous êtes »

  • Il a parfois difficultés relationnelles et amicales

  • Il peut manifester des troubles associés (TDAH)

Le haut potentiel a un quotient intellectuel d’au moins 130.

L’évaluation doit être faite par un psychologue ou un neuropsychologue.

Comment aider l’enfant à haut potentiel et l’accompagner ?

  • Il est important de lui expliquer cette particularité pour aider à mieux comprendre son propre fonctionnement.

  • En reconnaissant ses attitudes et aptitudes comme « normales » au vu de sa différence, et non comme une pathologiques

  • En veillant à ne pas coller une étiquette : HP à l’enfant et en créer une fixation. Le diagnostique peut être embarrassant, la question de l’approche est plus qu’essentielle !

  • En lui permettant d’identifier et prendre conscience lui-même de ses propres ressources et compétences

  • Certaines personnes à haut potentiel apprennent à s’estimer et à avoir confiance en elles. Pour d’autres, leur différence peut être vécue comme un réel handicap au quotidien, dans ce cas le travail nécessaire sera alors de tout autre nature.

Parfois l’enfant est mal diagnostiqué

Cette particularité demeure toutefois grandement méconnue et souvent mal diagnostiquée. On associe à tort et à travers les enfants a Haut potentiel de TDAH. C’est l’ennui qui provoque chez eux cette distraction et deviennent ainsi dérangeants (opposition constante) à l’école.

Il est faux de croire que les hauts potentiels excellent dans tous les domaines ! L’enfant à haut potentiel peut aussi présenter des troubles d’apprentissage (les DY : dyslexie, dysorthographie, etc.), un TDAH ou un trouble du spectre de l’autisme.

La psychoéducatrice Audrey Caron indique que «Les enfants à haut potentiel, hypersensibles, font dans les extrêmes et peuvent éprouver de la difficulté à gérer leurs émotions. Il faut toujours expliquer le pourquoi et il faut que nos explications soient crédibles. Ils comprennent plus de choses, ils captent beaucoup le ressenti entre les personnes. Et ce ne sont pas des enfants qui rentrent dans la routine », souligne-t-elle. (Article complet disponible ici )

Les enfants intellectuellement précoces (EIP)

Comment détecter si mon enfant hypersensible est également un enfant présentant un haut potentiel

Quand m’alerter en tant que parent ?

Les grandes caractéristiques à prendre en compte, les plus rencontrées au sein de ma pratique :

  • L’enfant se montre souvent hypersensible et cette hypersensibilité se traduira par un grand sens de la justice et une forte susceptibilité

  • Des acquisitions précoces : l’enfant précoce aura tendance à se décourager rapidement dès qu’il pensera avoir atteint une limite ou qu’un apprentissage lui résistera

  • Une pensée en arborescence constante: Le cerveau est en activité permanente sans jamais pouvoir mettre sur pause. N’étant pas dans une pensée linéaire et séquentielle, l’enfant précoce aura des difficultés à faire le tri et à organiser ses idées. Une pensée qui produit parfois une grande fatigue nerveuse qui aura une incidence sur ses émotions.

  • Une mémoire de travail très performante : L’enfant précoce peut mémoriser sans effort des informations qui l’intéressent et ce pendant très longtemps. Il va garder en mémoire des souvenirs précis d’événements.

  • Un décalage entre maturité intellectuelle et maturité affective : C’est pourquoi, il faut être très attentif à son adaptation sociale et travailler à ses relations sociales afin qu’elles soient sereines.

  • Une relation aux autres complexes: Le décalage entre la maturité intellectuelle et la maturité affective vient renforcer une incompréhension avec ses pairs qui ne partagent pas souvent les mêmes centres d’intérêt. L’enfant précoce préférera s’isoler que d’être confronté aux autres.

  • Un questionnement permanent du cadre de ses règles et de son sens : L’enfant précoce ressent très vite les failles du système qu’il va interroger de manière logique et implacable. La grande lucidité et le souci des injustices peuvent parfois mettre en difficulté les adultes et défier l’autorité.

  • Incidences sur les apprentissages et le quotidien : C’est un enfant qui va préférer comprendre que de mémoriser. Cela va lui donner l’illusion de bien savoir mais il ne gardera que l’essentiel et nombre de détails et d’automatismes vont lui manquer pour les contrôles, ce qui a été compris ne sera pas forcément restitué comme il faut lors des évaluations. Par ailleurs, la pensée complexe de l’enfant précoce aura des difficultés à comprendre les consignes qui soit semblent « trop simples », soit prêtent à interprétation et le paralysent : « Que dois-je faire ? »

Comment je travaille en entretien avec les enfants HP (à haut potentiel) ?

Je me base principalement sur les outils de psychopédagogie positive, ils peuvent aider l’enfant à reprendre confiance en lui, en ses différences. Dans cette approche, c’est aussi aider l’enfant à l’affirmation de soi, c’est-à-dire aider à faire de l’atypisme une chance pour pouvoir dire : « Sois l’atypique que tu es » « Être différent, c’est exaltant, si on aide l’enfant à faire avec ses différences une richesse et non un handicap »

Dans mon approche, j’intègre les parents et les outille pour répondre au mieux aux besoins de leur enfant car apprendre à piloter un cerveau « atypique » est un réel apprentissage sur le long terme.

Mais enfin, avec l’apport d’un bon soutien psychologique de l’enfant ainsi qu’un soutien parental, pas de panique Malgré que la précocité intellectuelle apporte son lot de difficultés, elle offre aussi une richesse de vie insoupçonnée.

Faire le premier pas

Vous n’avez pas besoin de savoir quoi dire, ni d’être « assez mal » pour mériter de l’aide.